On le sait tous, cette crise est sans précédent et les start-ups n’en sont pas épargnées. En plus d’avoir besoin de fonds se développer, elles en ont également besoin pour survivre. Même si le gouvernement a promis une aide de 4 Milliards d’euros, cela ne suffira pas à atténuer la crise sanitaire devenue économique et financière, loin de là.

Des investissements frileux

La “frilosité”. C’est le mot qui décrirait le mieux les investisseurs et les fonds de capital-risque qui songeraient investir en ce moment même dans une start-up. Même si Cureety -start-up spécialisée dans la MedTech- et Coverd -start-up spécialisée dans l’AssurTech- ont chacun réussi à lever 1.2 Millions d’euros auprès de business angels et de BPI, sans parler de Closd (LegalTech) et Qualizy (FoodTech) qui ont levé respectivement 600k€ et 500k€ auprès de VC et autres business angels, la semaine se clôture essentiellement sur ces 4 grosses levées de fonds : 3.5 Millions d’euros donc. On reste malgré tout à des années lumières de la semaine du 20 Janvier où on avait atteint le pic de 2020 avec 235 Millions d’euros dont 104M de record rien que pour la néobanque Qonto.

Pourtant, le rôle d’investisseurs bien est d’accompagner les start-ups dans leur progression quelque soit le contexte. Leur réaction est donc plutôt normale voire humaine. Cédric O, Secrétaire chargé du Numérique, les avait pourtant interpellé en leur demandant d’assumer ce rôle de soutien. D’après Matthieu Lattes, General Partner chez White Star Capital, la responsabilité est partagée et concernant les start-ups, elle porte sur leur business model :

“Une crise économique est une sorte de test à l’acide des business models, et il y a souvent des échecs pour celles qui n’ont pas de capacité à se mettre en auto-financement ou à constituer des réserves aux premiers signes avant-coureurs de la crise.”

Il suffit d’avoir de la chance… et qu’elle soit vitale

A côté de ça, certaines start-ups peuvent tirer un large sourire étant donné qu’elles ont réussi leurs levées juste avant la crise. C’est le cas de Boks. Cette start-up, qui a pour vocation de mettre en place des concierges connectés en bas de chez vous pour récupérer vos colis, ont eu l’audace -ou la chance ?- de boucler leur tour de table in extremis. D’ailleurs ils s’apprêtent à prochainement communiquer dessus. Olivier de Rodellec, co-fondateur, glissait même à l’AFP :

C’est sûr que sur le timing, on a eu de la chance, même si les investisseurs croient en nous.” avant d’ajouter : “On avait effectué cette levée pour couvrir nos besoins sur les 24 prochains mois, mais évidemment le calcul de ce besoin est en fonction de l’action commerciale.”

Même son de cloche chez CityScoot. Si elle a vu son activité être réduite de 90% depuis le début de la crise, l’entreprise de partage de scooters électriques réussi à boucler un tour de table de 30 Millions d’euros de fonds fin Février. Cela devrait leur permettre de tenir pas mal de temps quitte à ne pas investir comme l’expliquait un porte parole de l’entreprise auprès de l’AFP : 

Nous avons suffisamment de trésorerie pour tenir, mais notre plan d’investissements est en suspens, et nous pourrions enregistrer un exercice en perte, contrairement à notre objectif de rentabilité.” 

La BPI en tant que pompier

Le sauveteur d’une majorité des start-ups en danger est déjà connu, il s’agit de la Banque Publique d’Investissement. Ce fond public a été, et est toujours, considéré pendant ces 10 dernières années comme le principal financeur du capital-risque des start-ups. L’entreprise, aux côtés de son homologue allemand la KFW (Kreditanstalt für Wiederaufbau, Établissement de Crédit pour la Reconstruction en français), aurait même essuyé quelques reproches de la part des autres continents d’après Antoine Papiernik Managing Partner chez Sofinnova Partners. Pourtant, compte-tenu du contexte dans lequel nous faisons face, il considère que la BPI est plus une force qu’une faiblesse. Sa présence n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui pour notre écosystème d’innovation. 

D’ailleurs, Cédric O aurait indiqué ce Jeudi 26 Mars que la BPI continuera de soutenir les start-up et ce, quelque soit le contexte. Ce soutien passera notamment par le déblocage annoncé de 4 Milliards d’euros. Propos et mesures qui pourront peut-être rassurer les fonds d’investissement, même si ces derniers resteront tout aussi exigeants comme l’indique Matthieu Lattes :

Pour répondre à l’appel de Cédric O, on sera là et bien là, pour financer les meilleures start-ups dans les prochains mois, avec la même empathie et le même degré de sélectivité qu’en temps ordinaire.” avant de terminer par : “Les investissements en bas de cycle sont souvent les meilleurs.”

Et oui, la crise n’excuse pas tout…

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